Pour refaire seul une manipulation informatique, préparez une fiche consacrée à une seule tâche : ouvrir un document, joindre un fichier ou retrouver une facture. Indiquez le point de départ, les actions dans leur ordre et le signe qui confirme la réussite. Une fiche courte que vous reconnaissez vaut mieux qu’un tutoriel complet que vous devez déchiffrer.
Le support peut être une feuille imprimée, un carnet ou un document facile à ouvrir. Choisissez celui que vous consulterez réellement. Si vous cherchez encore comment accéder à vos fichiers, une fiche uniquement enregistrée dans un dossier compliqué ne vous rendra pas service au moment où vous en aurez besoin.
Définir une tâche assez petite pour être mémorisable
« Utiliser ma messagerie » est trop vaste. « Envoyer un PDF déjà enregistré à une personne connue » constitue un objectif précis. La fiche peut alors commencer quand le document existe déjà et se terminer après la vérification dans les messages envoyés. La numérisation du papier fera l’objet d’une autre fiche si nécessaire.
Écrivez le titre sous forme d’action, avec vos mots. Ajoutez le nom de l’application concernée et l’appareil utilisé. Une procédure pour une messagerie sur ordinateur peut différer de celle de son application mobile. Cette précision évite de chercher un bouton qui n’existe pas au même endroit.
Prévoyez aussi une ligne « Avant de commencer ». Elle rassemble les conditions nécessaires : ordinateur allumé, connexion disponible, document prêt, destinataire connu. Ne décrivez pas chaque condition en détail si vous la maîtrisez déjà. Le but est de signaler ce qui manquerait pour suivre correctement les étapes.
Écrire des actions observables
Chaque ligne devrait contenir une action principale. Préférez « Ouvrir le dossier Documents » à « Aller chercher le fichier là où il est ». Utilisez le libellé visible à l’écran et expliquez le résultat attendu après le clic. Si une fenêtre s’ouvre, son nom ou un élément distinctif aidera à confirmer que vous êtes au bon endroit.
Évitez les repères uniquement spatiaux, comme « le deuxième bouton à droite ». La disposition peut changer lorsque la fenêtre est redimensionnée. Un nom, une icône clairement décrite et une petite capture offrent un repère plus durable. Si vous utilisez une couleur, ajoutez un autre indice pour ne pas dépendre d’elle seule.
Voici un exemple fictif de rédaction : « Cliquer sur Joindre. Une fenêtre de choix de fichier s’ouvre. Ouvrir le dossier Inscription, puis sélectionner le document nommé Justificatif. Vérifier que son nom apparaît dans le message. » Le texte décrit le geste et le contrôle, sans expliquer toute la messagerie.
Ajouter quelques captures, sans dévoiler vos informations
Une capture d’écran est une image de ce qui s’affiche sur votre appareil. Elle peut montrer un bouton ou une zone de la fenêtre. Sous Windows, l’Outil Capture d’écran permet de sélectionner une zone à capturer. La documentation Microsoft précise les modes disponibles et leurs commandes selon la version.
Préparez un exemple neutre avant la capture. Utilisez un document d’essai et fermez les messages privés. Vérifiez la présence d’un nom, d’une adresse, d’un numéro de dossier ou d’une notification. Si une information sensible apparaît, recommencez la capture avec un écran plus propre plutôt que de compter sur un masque mal appliqué.
Recadrez autour de ce qui est utile, tout en conservant assez de contexte pour reconnaître la fenêtre. Entourez le bouton recherché et numérotez l’action si votre outil le permet. N’accumulez pas les flèches : une image remplie d’annotations devient aussi difficile à suivre que l’écran original.
Imprimez un premier essai si vous comptez utiliser une version papier. Les mots doivent rester lisibles à taille réelle. Une grande capture réduite pour tenir sur une page peut perdre tout son intérêt. Deux petites vues ciblées sont parfois plus utiles qu’une reproduction complète du bureau.
Prévoir le résultat et un point d’arrêt
La fiche doit expliquer comment savoir que la tâche est terminée. Pour un document enregistré, il peut s’agir de le fermer puis de le rouvrir depuis le dossier prévu. Pour une pièce jointe, il faut vérifier le nom du fichier et le destinataire avant l’envoi. Le clic sur un bouton ne constitue pas toujours une preuve suffisante.
Ajoutez un point d’arrêt pour une situation inhabituelle. Par exemple : « Si le fichier porte un autre nom ou si un message demande de remplacer un document, ne pas confirmer avant de vérifier. » Vous donnez ainsi une conduite à tenir sans prévoir toutes les erreurs possibles.
N’inscrivez jamais les mots de passe ou les codes de validation sur cette fiche. Indiquez seulement que la connexion doit être réalisée avec vos accès habituels, sous votre contrôle. La fiche peut être visible sur une table ou consultée par un proche ; son contenu doit rester limité à la manipulation.
Tester la fiche en conditions réelles
Fermez les fenêtres de l’exercice, revenez au point de départ, puis suivez votre fiche sans explication supplémentaire. L’accompagnant peut observer les endroits où vous hésitez. Il vaut mieux noter ces hésitations que corriger immédiatement chaque geste : elles révèlent les informations manquantes.
- Le point de départ est-il reconnaissable ?
- Chaque bouton indiqué apparaît-il sur votre écran ?
- Savez-vous quoi attendre après chaque action ?
- Le document choisi est-il le bon ?
- Pouvez-vous vérifier la réussite sans demander confirmation ?
Si vous ajoutez une note pendant le test, intégrez-la ensuite proprement. Une fiche couverte de corrections peut perdre sa clarté. Conservez une version datée et retirez l’ancienne du lieu de consultation. Vous éviterez de suivre deux procédures proches mais contradictoires.
Faire vivre une petite collection de repères
Commencez avec trois fiches utiles plutôt qu’un classeur exhaustif. Donnez-leur des titres faciles à retrouver : « Envoyer un document », « Retrouver un téléchargement », « Rejoindre un appel vidéo ». Rangez-les dans l’ordre de vos usages. Si vous utilisez un document numérique, choisissez un emplacement que vous savez déjà ouvrir.
Après une mise à jour, testez seulement les étapes concernées. Il n’est pas nécessaire de refaire toute la fiche si le bouton a simplement changé de place. En revanche, si le parcours devient différent, créez une nouvelle version et notez la date de vérification.
Lors d’un cours individuel avec Serge, vous pouvez demander à construire la fiche pendant que vous réalisez l’action. Le résultat recherché est très pratique : disposer, une fois seul devant votre écran, d’un chemin écrit à votre mesure.
Sources et repères
Sources consultées le 20 octobre 2026.