Lorsqu’une page annonce que votre ordinateur est bloqué et exige un appel immédiat, ne composez pas le numéro affiché. N’installez rien et ne payez rien depuis cette alerte. Votre première tâche est d’interrompre le scénario, puis de déterminer ce que vous avez réellement fait avant de chercher une aide indépendante.
Le faux support technique exploite la peur de perdre ses fichiers ou de commettre une erreur. Une voix forte, un compte à rebours et un logo connu peuvent rendre la situation impressionnante. Ils ne constituent pas un diagnostic de votre ordinateur.
Reconnaître la mise en scène sans analyser chaque détail
Microsoft indique qu’il ne prend pas spontanément contact pour proposer une assistance technique non sollicitée et que ses véritables messages d’erreur ne comportent pas de numéro de téléphone à appeler. Ce repère figure dans sa page officielle consacrée aux faux supports. Il suffit à remettre en cause une fenêtre prétendant vous imposer un appel.
Inutile de décider si le logo est parfaitement reproduit ou si le texte contient une faute. Posez-vous plutôt trois questions : ai-je demandé cette intervention ? Qui a choisi le moyen de contact ? M’empêche-t-on de prendre le temps de vérifier ? Une assistance légitime peut être recontactée par un canal que vous choisissez vous-même.
Ne discutez pas avec la personne pour lui prouver qu’elle ment. Votre objectif est de sortir de l’échange, pas de gagner un débat avec quelqu’un qui contrôle le scénario.
Reprendre la main sur la fenêtre et sur la conversation
Si vous êtes au téléphone, mettez fin à l’appel. Si l’écran fait du bruit, baissez le volume pour pouvoir réfléchir. Évitez les boutons de la page, y compris celui qui ressemble à une fermeture : utilisez les commandes habituelles de votre navigateur ou de votre système pour fermer l’application.
Quand le navigateur ne répond plus, sa fermeture par les outils du système peut être nécessaire. Si vous ne connaissez pas cette manipulation, demandez à une personne de confiance de vous guider sans lui communiquer vos secrets. Prévenez-la des documents éventuellement ouverts et non enregistrés avant de redémarrer l’ordinateur.
À la réouverture, ne demandez pas automatiquement la restauration de tous les onglets si cela ramène l’alerte. Une page qui réapparaît ne prouve pas à elle seule qu’un programme malveillant est installé. Notez ce comportement pour la personne qui vérifiera l’appareil.
Classer l’incident selon ce qui a réellement eu lieu
Écrivez une chronologie courte, même approximative. Elle est plus utile qu’une longue description du dessin affiché. Distinguez les étapes suivantes, sans honte si vous êtes allé plus loin que prévu.
| Ce que vous avez fait | Information à noter |
|---|---|
| Vu uniquement la page | Site ouvert juste avant, heure, navigateur utilisé. |
| Appelé ou répondu | Numéro, informations communiquées, demandes reçues. |
| Installé un programme | Nom affiché, fichier téléchargé, accès autorisés. |
| Payé ou transmis une carte | Moyen de paiement, montant, interlocuteur bancaire à contacter. |
Conservez les éléments disponibles sans retourner volontairement sur la page : facture reçue, courriel, numéro et photographie déjà prise. Ne transmettez pas ces preuves dans un groupe public contenant d’autres personnes. Elles peuvent révéler vos coordonnées ou des références de paiement.
Agir rapidement si un accès ou un paiement a été accordé
La fiche de Cybermalveillance.gouv.fr détaille les mesures selon les conséquences : désinstallation du programme de prise en main indésirable, vérification de l’appareil, changement des mots de passe concernés et démarches de signalement. Si les données de votre carte ont été communiquées, faites opposition sans attendre auprès de votre banque. Pour un virement, contactez-la immédiatement afin d’examiner les possibilités d’intervention.
Si la prise en main à distance continue, interrompez la connexion de l’appareil au réseau. Utilisez un autre appareil fiable pour joindre vos interlocuteurs et sécuriser les comptes concernés. Ne lancez pas une nouvelle session bancaire sur l’ordinateur qui vient d’être contrôlé par un inconnu.
Expliquez précisément l’incident à la banque : « J’ai donné les données de ma carte » ou « J’ai validé telle opération » est plus utile que « J’ai eu un virus ». Les actions possibles dépendent des faits. Personne ne doit vous promettre un remboursement certain avant leur examen.
Préparer une vérification utile avec une aide indépendante
Imaginons que vous ayez installé un outil, mais refusé de payer. Votre priorité n’est pas d’effacer tous les programmes dont le nom vous paraît étrange. Ce nettoyage improvisé pourrait retirer un logiciel utile sans traiter l’accès accordé. Présentez plutôt votre chronologie, le nom de l’outil et les messages reçus.
Demandez un périmètre clair : vérifier le moyen d’accès installé, examiner les alertes de sécurité et expliquer ce qui a été retiré ou conservé. Une vérification sérieuse doit permettre de comprendre les actions effectuées. Un nombre impressionnant de prétendues erreurs ne suffit pas à justifier une intervention.
Vous pouvez préparer cette étape avec une assistance informatique choisie à l’avance. Le contact doit venir d’une adresse connue ou retrouvée indépendamment de l’alerte. Vous conservez la maîtrise des accès et saisissez vous-même vos identifiants lorsque cela est nécessaire.
Installer un repère simple pour la prochaine alerte
Après l’incident, préparez une petite fiche près de l’ordinateur : arrêter l’échange, ne pas appeler le numéro de l’écran, noter les faits, contacter l’aide habituelle. Ajoutez le numéro de votre banque obtenu depuis vos documents bancaires, sans écrire de code secret sur la fiche.
Le résultat recherché est observable : vous savez quel interlocuteur joindre, vous retrouvez vos preuves et vous pouvez expliquer ce qui a été autorisé. Cette préparation vous rend moins dépendant de la pression imposée par une fenêtre surgie au mauvais moment.
Sources et repères
- Avoid and report Microsoft technical support scams
- Comment faire face à l’arnaque au faux support technique ?
Sources consultées le 20 octobre 2026.